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Les jeunes et la retraite : l'analyse du MEDEF

Sans la réforme proposée par le gouvernement, les jeunes générations seraient livrées à une « triple peine » :
- devoir financer, à travers les cotisations sociales, les pensions des retraités d’aujourd’hui, sans être garanties de pouvoir bénéficier à leur tour du même niveau de retraite ;
- devoir rembourser une dette sociale toujours plus importante constituée par l’accumulation des déficits des régimes de retraite (s’ajoutant aux déficits de l’assurance maladie...) ;
- devoir dégager une épargne de long terme suffisante, à titre non pas complémentaire mais substitutif à un système de retraite par répartition défaillant.

Ce serait le maintien de l’âge de la retraite à 60 ans qui constituerait une rupture d’équité et correspondrait à un effort supplémentaire demandé aux jeunes générations en termes de financement des retraites de leurs aînés.
L’allongement de la durée d’activité correspond à un principe d’équité intergénérationnelle : nous vivons plus longtemps et en meilleure santé, travailler un peu plus longtemps permet de ne pas faire peser toute la charge financière sur les jeunes générations.
Rappel de ce qu’est un système de retraite par répartition : les actifs versent des cotisations non pas pour financer leur propre retraite (= système par capitalisation) mais pour financer les pensions des retraités d’aujourd’hui.

Ce n’est pas en mettant les seniors à la retraite que cela permettra de régler le problème de l’emploi des jeunes !
A partir des années 70, des politiques de retraits précoces d’activité ont été conduites (préretraites, abaissement de l’âge de la retraite). Ces départs devaient libérer des emplois pour les jeunes. Les résultats sont désastreux : nous avons aggravé les perspectives financières de nos régimes de retraite, sans résoudre la question du chômage et de l’embauche des jeunes, et nous avons aggravé du même coup l’emploi des seniors. Il nous faut rompre définitivement avec cette approche malthusienne de partage du temps de travail. C’est une approche dynamique de l’économie qu’il faut avoir : travailler plus longtemps augmentera la quantité de travail et donc favorisera la croissance et l’emploi, y compris celui des jeunes !

Le relèvement de l’âge de la retraite est moins pénalisant pour les jeunes générations qu’un allongement de la durée de cotisation.
Les jeunes générations sont souvent entrées plus tardivement sur le marché du travail que leurs aînées : l’allongement de la durée de cotisation serait plus pénalisant pour un jeune qui a commencé à travailler à 21, 22 ou 23 ans qu’un relèvement de l’âge de la retraite à 62 ans !

La prise en compte des années d’études dans le calcul de la retraite n’a pas beaucoup de sens car cela reviendrait à abaisser l’âge de la retraite et compromettrait le niveau des retraites.
Un effort particulier sera fait à l’égard des « carrières longues », c’est-à-dire à l’égard de ceux qui ont fait peu ou pas d’études et qui ont donc commencé tôt à travailler. Un traitement équivalent pour ceux qui ont fait des études reviendrait en réalité à abaisser l’âge de la retraite pour tous.

source MEDEF



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